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La Maison de la distillation

Dates et horaires d'ouverture 2016 de la Brûlerie

Dates et horaires d'ouverture 2016 de la Brûlerie - Commune de Bou

Le musée

Le musée - Commune de Bou

La maison de la Distillation

ou brûlerie de Bou.

 

Elément majeur du patrimoine Boumien, la brûlerie, par son aménagement muséographique, est un centre d'interprétation sur le thème de la distillation, témoin de l'histoire sociale et agricole de Bou.

 

Elle se situe à l'angle de la rue de Sourde et de la rue des Varennes, et est ouverte au public de 15h à 18h, un dimanche par mois d'Avril (fête du village) à Septembre (journées du patrimoine).

 

Des visites de groupe sont possibles dans la même période, sur rendez-vous.

 

 

 

Intérêt historique :

   La brûlerie est un témoin de l’histoire sociale du village. En 1920 les vignerons de BOU créent cette société coopérative pour échapper au monopole des entreprises privées de distillerie. Cet état d'esprit est propre à la commune : la caisse locale du crédit mutuel agricole de BOU, fondée en 1906, est la 3ème du département du Loiret et c’est dans ce village que naîtra également en 1938 la coopérative agricole de la Vallée Moyenne de la Loire (aujourd’hui « Terr’Loire »).

   C’est aussi le témoin de l’histoire agricole, plus particulièrement viticole, du village. En 1907 plus de la moitié de son territoire est encore planté de vigne (243 ha/440 ha) et cette culture restera dominante jusqu’en 1928. En 1922 et 1924 plus de 20.000 litres d’eau de vie sont distillés à BOU.

   L’aspect réglementaire, l’évolution des contrôles et de la législation sur les alcools, sont aussi très importants.

 

Intérêt scientifique et technique :

   Le principe même de la distillation (transformation de marc de raisin ou de fruits fermentés en alcool) est intéressant d’un point de vue scientifique et technique. Le même procédé est utilisé pour la distillation de fleurs (production de parfums). L’étude du matériel : l’alambic, les chaudières ainsi que des différentes sources d’énergie utilisés (le charbon, l’eau, l’électricité) y sont abordés de manière dynamique et inter-active (animation électronique, projections vidéos).

 

Intérêt ethnographique :

   Le «mystère de la distillation » a généré toute une symbolique relative à l’alambic (imagerie populaire d’Épinal, texte de Gaston Bachelard, etc.).

   De nombreuses histoires locales (voire des chansons) sont liées aux contrôleurs dits « gabelous » ou « rats de caves ».       

Bien qu’un écriteau « Défense d’entrée sans motif de service » (toujours en place) y soit visiblement apposé, la « Brûlerie » était, durant la campagne de distillation, le lieu de rencontre pour les vignerons du pays.

   L’eau de vie de marc, plus communément appelée la « gnôle » ou la « goutte », avait une place importante et de multiples usages dans la société traditionnelle paysanne : boisson, soins, conservation.

 

Un film reprenant l’ensemble de ces éléments sera réalisé pour une présentation vivante et une exploitation pédagogique de ce lieu.

 

D'après le texte de Christian Chenault, "la brûlerie de Bou-maison de la distillation". 

Petite histoire de la brûlerie

Petite histoire de la brûlerie - Commune de Bou

 

 

 

Le Syndicat agricole de distillerie de BOU  est créé le 23 mai 1920. 

 

Il réunit alors 104 vignerons de BOU et rapidement, accueille ceux de MARDIÉ et CHÉCY.

En septembre 1920 il prend le nom de "Société coopérative agricole de distillerie de BOU".

 

Le but des récoltants qui la fondent est de se regrouper pour échapper au monopole des entreprises de distillerie.

 

Lors de la première campagne de distillation (octobre/décembre 1920) la coopérative compte 115 membres.

De 1943 à 1957, ce nombre dépassera les 200 atteignant un maximum de 281 en 1957.

 

Une chute spectaculaire des sociétaires a lieu en 1958 (de 250 à 122). Plusieurs facteurs peuvent l'expliquer:

- période d'incertitude législative après le décret de Pierre MENDÈS-FRANCE (juillet 1953) annonçant la perte de franchise pour les non exploitants agricoles;

- mauvaise qualité des marcs en 1957 (seulement 609 l d'eau de vie distillés);

- changement de présidence à la coopérative

À la dernière année (en 1980), seuls 53 adhérents sur 117 viendront "brûler".

 

Se sont succédés à la présidence de la Société coopérative agricole de distillerie de BOU :

Arthur ROLLAND (durant 27 ans), Émile PILAUDEAU dit « Pilaudiau du Moulin » (durant 12 ans) et André BERNEAU (durant 24 ans).

 

Installation :

De juin à octobre 1920, les terrains nécessaires à l'installation (situés à l'angle de la rue de Sourde et de la rue des Varennes) seront acquis, le puits creusé, le bâtiment construit, la pompe installée et l'alambic mis en place.

 

En 1930, grand progrès: l'électricité est installé dans le bâtiment.

 

En 1957 la chaudière doit être changée. On en achète alors une d'occasion.

 

Dès 1959 il est question que la CUMA (coopérative de battage) construise un appentis sur le terrain de la brûlerie (côté sud), pour y loger son matériel.

 

En 1963, la distillerie connaît une nouvelle amélioration avec l'arrivée de l'eau courante.

 

Distillation :

Le principe de distillation retenu à BOU est donc celui des "appareils à vases à vapeur", méthode encore employée par les bouilleurs ambulants de notre région.  

La distillation à la vapeur dans les appareils à vases présente l'avantage de se dérouler en continu: quand l'extraction est terminée dans le 1er vase (=3h), les vapeurs sont dirigées sur le 2ème puis sur le 3ème, tandis que l'on recharge le 1er

L'appareil est muni d'un rectificateur qui permet d'obtenir une eau de vie au degré souhaité, sans repasse. D'ordinaire celle-ci était produite à 51°, mais sont également mentionnées sur les registres, en petite quantité (généralement d'un litre), des alcools à 66, 71, 78, 79, 80 voire 82°!

La coopérative est destinée à distiller les marcs (de raisins), les lies (de vin) et les fruits.

Les campagnes de distillation commencent habituellement dès les vendanges terminées, la période pouvant s'étaler de fin octobre à début décembre.  

 

 

Production : 

61 campagnes de distillation ont eu lieu de 1920 à 1980. 

 Les plus fortes productions atteintes sont celles de 1922 (20 135 l ).

 Sur l'ensemble des périodes la moyenne de production est de 4680 l.

 

En 1924 exsistaient encore 150 ha de vignes à BOU.  

Après la guerre le vignoble ne cesse de décroître: 1950 = 50ha, 1958 = 40ha, 1962 = 30ha.

Enfin en 1967 le remembrement lui porte un coup fatal. Le vignoble qui était encore d'une trentaine d'hectares est subitement réduit à 12 ha 60.

 

 Dès lors, la production de la brûlerie tombe au dessous des 2000 l et l'on voit, par contre, s'élever la proportion de l'eau de vie issue de fruits.

 A partir de 1967 celle-ci ne sera jamais plus inférieure à 10% avec des pointes à 27% (1968) et 35% (1971). Lors de la dernière campagne (1980) elle avait atteint les 43,2% (soit 433 l / 1004 l).

 

L’alambic n° 45829 installé dans la distillerie a été définitivement scellé par les services des contributions indirectes le 24 décembre 1980. La « brûlerie » après 21 campagnes de distillation fermait alors ses portes.

 

D'après le texte de Christian Chenault, « petite histoire de la brûlerie de Bou » (17/09/2000).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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